Nous revînmes sur nos pas jusqu’à la côte de l’église, et j’arrivai chez le docteur Heatherlegh un peu après minuit.
Les tentatives pour me guérir commencèrent presque aussitôt, et pendant une semaine, il me conserva constamment sous ses yeux.
Bien des fois durant ces huit jours, je bénis l’heureuse chance qui m’avait mis en relation avec le plus capable et le meilleur des médecins de Simla.
De jour en jour mon entrain revint. Mon caractère reprit son égalité.
De jour en jour aussi, j’en vins à admettre la théorie de Heatherlegh qui imputait l’hallucination spectrale à l’état des yeux, du cerveau et de l’estomac.
J’écrivis à Kitty pour lui dire qu’une entorse légère causée par une chute de cheval me retenait chez moi pour quelques jours, et que je serais rétabli avant qu’elle eût le temps de regretter mon absence.
Le traitement de Heatherlegh était aussi simple que possible: il consistait en pilules hépatiques, bains froids et exercices violents, pris à la tombée de la nuit ou à la pointe du jour, car ainsi qu’il le faisait remarquer avec sagesse: «Un homme qui a une entorse à la cheville ne fait pas douze milles par jour et votre jeune dame serait bien étonnée si elle vous voyait.»
A la fin de la semaine, après de fréquents examens de la pupille et du pouls, la prescription d’un régime strictement sévère et de la marche à pied, Heatherlegh me renvoya avec autant de brusquerie qu’il m’avait pris sous sa direction.
—Mon garçon, je garantis votre cure mentale, et cela revient à dire que je vous ai guéri de la plupart de vos maladies corporelles. Maintenant tirez vos grègues d’ici le plus tôt que vous pourrez et allez-vous-en faire votre cour à miss Kitty.
Je m’efforçais de lui exprimer ma gratitude pour sa bonté.