Et en même temps je me voyais trébuchant à travers les sombres labyrinthes du doute, de la souffrance, du désespoir le plus profond.

Je me demandais, comme Heatherlegh assis sur sa chaise pouvait se le demander, laquelle de ces terribles alternatives je devais choisir.

Bientôt je m’entendis parler d’une voix que j’eus peine à reconnaître:

—Ils sont diablement difficiles en fait de moralité dans ce pays-ci. Parlez-leur d’accès, Heatherlegh, et joignez-y mes compliments. Maintenant laissez-moi dormir un peu.

Alors mes deux moi se rejoignirent et ce fut seulement mon moi (rendu à moitié fou, possédé du diable) qui se retourna avec agitation dans mon lit, en remontant pas à pas le cours des événements du dernier mois.

—Mais je suis à Simla, me répétais-je sans cesse, moi Jack Pansay, je suis à Simla, et il n’y a pas de fantômes ici! C’est chose déraisonnable de la part de cette femme de soutenir qu’il y en a. Pourquoi Agnès n’a t-elle pas pu me laisser tranquille? Je ne lui ai jamais fait aucun mal. Il eût pu se faire que ce fût moi aussi bien qu’Agnès. Seulement je ne serais pas revenu exprès pour la tuer. Pourquoi ne peut-on pas me laisser en paix? Me laisser en paix et heureux?

Il était midi bien sonné quand je me réveillai pour la première fois.

Le soleil avait beaucoup baissé à l’horizon avant que je me fusse endormi,—endormi du sommeil du criminel sur son chevalet de torture, où il est trop épuisé pour éprouver encore de la douleur.

Le lendemain, il me fut impossible de me lever.

Heatherlegh me dit le matin qu’il avait reçu une réponse de M. Mannering et que, grâce à ses bons offices (ceux de Heatherlegh), l’histoire de ma maladie avait circulé partout dans Simla où tout le monde me plaignait.