Les palmiers arack craquaient et grondaient.

Une demi-douzaine de chacals aboyaient dans la clôture.

Une hyène, arrêtée à quelque distance, les narguait de son rire. Une hyène pourrait convaincre un sadducéen de la résurrection des morts, de la pire sorte de morts.

Alors arriva le ratub, mets curieux dont la composition est à la fois indigène et anglaise, et le vieux Khansamah resta debout derrière ma chaise, me parlant d’Anglais de jadis qui étaient défunts, pendant que les flammes des bougies, agitées par le vent, jouaient à cache-cache sur le lit et la moustiquaire.

C’était bien la sorte de dîner et la sorte de soirée qu’il fallait pour disposer un homme à passer en revue, un à un, ses péchés d’autrefois, et tous ceux qu’il comptait commettre s’il continuait à vivre.

Il était difficile de dormir pour plusieurs centaines de raisons.

La lampe de la salle de bain projetait dans les chambres les ombres les plus grotesques et le vent commençait à dire des bêtises.

Au moment même où les motifs de mon insomnie s’assoupirent, gorgés de sang, j’entendis la formule connue: «Nous allons le prendre et le soulever» dont se servent les porteurs de doolies.

Cela venait de l’enceinte.

Tout d’abord, il arriva un doolie, puis un second, puis un troisième.