Au moment même où j’allais me recoucher, j’entendis dans la chambre voisine un bruit auquel personne ne peut se tromper, s’il jouit de l’usage de ses sens, celui que fait une bille de billard en roulant le long de la bande, lorsque le joueur joue son premier coup.
Il n’y a pas de son qui ressemble à celui-là.
Une minute après, autre roulement. Je me recouchai.
Je n’avais pas peur, non, je n’avais pas peur.
J’étais très curieux de savoir ce qu’étaient devenus les doolies, et c’est pour cela que je me recouchai d’un bond.
Une minute après, j’entendis le double bruit de déclic d’un carambolage.
Mes cheveux se dressèrent. Il est inexact de dire que les cheveux se dressent. Le cuir chevelu se contracte, et vous sentez sur toute la tête un fourmillement léger, général. Voilà ce que c’est exactement que des cheveux qui se dressent.
Il y eut un nouveau roulement et un bruit de déclic.
Les deux bruits n’avaient pu être produits que par une seule et même chose, une bille de billard.
Je raisonnai en moi-même sur l’aventure, et plus je raisonnais, moins il me semblait probable qu’un lit, une table et deux chaises—à cela se bornait le mobilier de la chambre contiguë à la mienne—pussent imiter aussi parfaitement le bruit qu’on fait en jouant au billard.