Je rentrai dans ma chambre et fis mes paquets après avoir mis par écrit les détails.
Pendant que je fumais, j’entendis de nouveau le bruit du déclic. Cette fois il y eut un raté, un queuté, car le roulement fut fort court.
La porte était ouverte, et je pus regarder dans la chambre. Clic! Clic! Un carambolage!
J’entrai sans peur dans la chambre, car il y faisait soleil et au dehors soufflait une fraîche brise.
Le jeu invisible marchait avec un entrain terrible.
Et cela n’avait rien d’étonnant: un petit rat infatigable courait de tous côtés au-dessus du plafond enfumé, et un fragment du châssis de la fenêtre, qui s’était détaché et que la brise secouait, battait contre le verrou de la fenêtre.
Cela imitait à s’y méprendre le choc des billes de billard.
Impossible aussi de ne pas reconnaître le roulement des billes sur la table du billard. Ah! j’étais bien excusable. Même quand je fermais mes yeux qui s’étaient ouverts à la lumière, ce bruit ressemblait extraordinairement à celui d’un jeu animé.
Alors entra, de fort mauvaise humeur, le fidèle compagnon de mes peines, Kadir Baksh.
—Ce bungalow-ci est très mauvais, bon pour les basses castes. Pas étonnant que Votre Présence ait été dérangée et soit toute mouchetée. Trois équipes de porteurs de doolies sont venues cette nuit à une heure avancée pendant que je dormais dehors. Ils ont dit que c’était leur habitude de coucher dans les chambres réservées aux Européens. Le Khansamah est-il un homme d’honneur? Ils ont essayé d’entrer, mais je leur ai dit de s’en aller. Rien d’étonnant, si ces Porias ont passé la nuit ici, que Votre Présence soit toute couverte de taches. C’est une honte. C’est l’œuvre d’un homme dégoûtant.