Quelquefois on s’occupe des tombes. Mais dans l’Inde, nous sommes exposés à des déplacements si fréquents qu’au bout de deux ans, les morts n’ont plus aucun ami.
Il ne leur reste plus que des connaissances, et celles-là trop occupées à s’amuser là-haut pour songer à leurs anciens camarades.
L’idée de se donner rendez-vous dans un cimetière est éminemment féminine.
Un homme eût dit tout simplement: «Laissons causer les gens et allons faire un tour sur le Mail.»
Une femme est faite tout autrement, surtout une femme comme la femme de l’Autre.
Elle et le Tertium Quid eurent le plus grand plaisir à se trouver ensemble parmi les tombes d’hommes et de femmes qu’ils avaient connus, avec qui ils avaient dansé dans les temps jadis.
Ils s’étaient munis d’une grande couverture de cheval, qu’ils avaient étendue sur l’herbe pour s’y asseoir, dans un endroit où le sol s’enfonce un peu.
C’est là que s’arrêtent les tombes pleines, et que se trouvent les fosses creusées d’avance, mais inachevées.
Tout cimetière hindou bien tenu est pourvu d’une demi-douzaine de fosses toutes creusées en cas d’urgence pour les besoins journaliers généraux.
Dans les Collines, elles sont généralement à la taille des petits enfants, parce que les enfants qui arrivent là-haut déjà affaiblis et gravement atteints, succombent souvent aux effets des pluies dans les Collines, ou bien ils attrapent la pneumonie par la faute de leurs ayahs, qui les promènent dans les bois de pins humides, après le coucher du soleil.