Quand un homme est absolument seul dans une station, il court quelques risques de s’engager dans de mauvaises voies.

Ce risque s’accroît à chaque unité qui s’ajoute à la population, jusqu’au nombre de douze,—celui d’un jury.

Après cela commencent la crainte et la prudence qui en est la suite, et l’action humaine prend une allure moins grotesquement saccadée.

Il régnait à Kashima une paix profonde jusqu’au jour où y arriva mistress Vansuythen.

En dépit de cela, et, vu la malice du Destin, peut-être à cause de cela, elle ne tenait qu’à un seul homme, et cet homme était le major Vansuythen.

Si elle avait été laide ou bête, la chose aurait été intelligible pour Kashima. Mais c’était une femme au teint clair, avec des yeux très calmes, d’un gris qui rappelait la nuance d’un lac au moment précis où la lueur du soleil va s’éclairer.

Aucun des hommes qui ont vu ces yeux-là ne fut, par la suite, en état d’expliquer de quelle sorte de femme elle avait l’air.

Les yeux les éblouissaient.

Elle savait, par son propre sexe, qu’elle «n’était point désagréable à voir, mais qu’elle se faisait tort en prenant l’air si grave.» Et cependant sa gravité lui était naturelle.

Elle n’avait point l’habitude de sourire.