Elle se bornait à traverser la vie, en regardant passer les gens, et les femmes trouvaient à redire qu’ils se missent à genoux pour l’adorer.

Elle sait le mal qu’elle a fait à Kashima, et elle en est profondément fâchée, mais le major Vansuythen n’arrive pas à comprendre pourquoi mistress Boulte ne vient pas au thé de l’après-midi au moins trois fois par semaine.

—Quand il n’y a que deux femmes dans une station, elles devraient se voir très fréquemment.

Longtemps, bien longtemps avant que mistress Vansuythen arrivât de ces endroits lointains où il y a de la société et des distractions, le capitaine Kurrell avait découvert que mistress Boulte était la seule femme au monde qui fît son affaire.

Et n’allez pas les en blâmer.

Kashima était aussi loin du monde que le ciel et l’autre endroit, et les collines de Dosebri gardèrent bien leur secret.

Boulte n’avait rien à voir dans l’affaire: il était en campement pour une quinzaine consécutive.

C’était un homme dur, lourdaud, et ni mistress Boulte ni Kurrell n’avaient de pitié pour lui.

Ils avaient à eux deux tout Kashima. Ils étaient l’un à l’autre entièrement, absolument, et en ces jours-là, Kashima était un jardin d’Éden.

Quand Boulte revenait de ses pérégrinations, il donnait à Kurrell une tape entre les épaules, l’appelait: «Mon vieux», et tous les trois dînaient ensemble.