Elle.—Moi, je m’en souviens. Il lui dit qu’il a confiance en elle, qu’il adore le sol qu’elle a foulé de ses pas, qu’il l’aimera, l’honorera, la protégera jusqu’à son dernier jour, et dans cette conviction, elle l’épouse. Du moins, je parle d’une jeune fille qui était sans protection.
Lui.—Eh bien, alors?
Elle.—Et alors, Guy? Et alors il faut à cette jeune fille dix fois plus d’amour et de confiance, et de respect, qu’il n’eût suffi de lui en accorder si elle eût été une simple femme mariée et que l’autre... l’autre existence où elle consent à entrer, doive être simplement supportable. Comprenez-vous?
Lui.—Simplement supportable? Mais ce sera le Paradis.
Elle.—Ah! pouvez-vous me donner tout ce que j’ai demandé?... non pas maintenant, non pas même dans quelques mois, mais quand vous commencerez à songer à ce que vous auriez pu faire si vous aviez conservé votre emploi et votre place, là-bas, dans la Société, quand vous en viendrez à me regarder comme un boulet, un fardeau? C’est alors que j’aurai le plus besoin de cela, Guy, car, dans tout ce vaste monde, je n’aurai plus que vous.
Lui.—Vous êtes un peu nerveuse, ce soir, ma chérie, et vous avez une façon bien dramatique d’envisager la situation. Une fois accomplies les démarches nécessaires devant les tribunaux, il n’y aura plus d’obstacles sur la route du...
Elle.—Du saint état de mariage. Ha! Ha! Ha!
Lui.—Ne riez pas de cette horrible façon.
Elle.—Je ne... Je ne puis... m’en empêcher. N’est-ce pas absurde? Ha! Ha! Ha! Guy, arrêtez-moi vite. Autrement, je rirai jusqu’à ce que nous soyons à l’église.
Lui.—Je vous en supplie, arrêtez-vous. Ne vous donnez pas en spectacle. Qu’est-ce que vous avez?