Elle.—Je n’ai jamais voulu dire autre chose.

Lui.—Alors, dites-moi pourquoi vous vous donnez l’air de ne vouloir pas venir?

Elle.—Ce n’est point un air, Guy. J’ai peur.

Lui.—Expliquez-vous, je vous prie.

Elle.—Cela ne peut pas durer, Guy, cela ne peut pas durer. Vous vous fâcherez, et alors vous jurerez, et puis vous deviendrez jaloux. Puis vous cesserez d’avoir confiance en moi. Vous en êtes déjà là maintenant, et vous, vous serez vous-même le meilleur prétexte à douter. Et moi... qu’est-ce que je ferai? Je ne vaudrai pas mieux que mistress Buzgago, pas mieux que la première venue. Et vous le saurez! Oh! Guy, ne le voyez-vous donc pas?

Lui.—Je vois que vous êtes déraisonnable à désespérer, petite femme.

Elle.—Voilà. Dès que je soulève une objection, vous vous fâchez. Que ferez-vous quand je ne serai plus que votre propriété, une propriété volée. Cela ne se peut, Guy, cela est impossible. Je croyais la chose possible, mais non, elle ne l’est pas. Vous vous lasserez de moi.

Lui.—Je vous dis que non. N’y a-t-il pas moyen de vous le faire comprendre?

Elle.—Allons, est-ce que vous ne voyez rien? Si vous me parlez sur ce ton maintenant, vous me lancerez plus tard d’horribles injures, si je ne fais pas absolument comme vous voudrez. Et si vous étiez cruel envers moi, Guy, où irais-je? où irais-je? Je ne puis compter sur vous, je ne puis compter sur vous.

Lui.—Je devrais, ce me semble, vous dire que je puis avoir confiance en vous. J’en ai d’amples motifs.