—C’est là un vice particulier aux hommes. Je le déteste parce qu’il ne quitte presque pas un instant les entours de quelque jeune fille, tenant à distance les bons partis. Il ne persécutera plus May Holt, ou je me trompe fort.
—Non, je crois que mistress Delville pourra occuper son attention pendant un certain temps.
—Croyez-vous qu’elle le sait père de famille?
—Elle ne le sait pas par lui. Il m’a fait jurer un secret éternel. C’est pourquoi je vous mets au fait. Connaissez-vous ce type d’homme?
—Non pas intimement, grâce à Dieu. En règle générale, quand un mari se met à me dire du mal de sa femme, le Seigneur, j’imagine, m’inspire une réponse appropriée à sa sottise et nous nous quittons en froid. Je ris.
—Moi, c’est autre chose. Je n’ai pas l’instinct de l’humour.
—Alors, cultivez-le. L’humour a été mon principal soutien pendant tant d’années que je ne les compte plus. Un sens bien cultivé de l’humour sauvera une femme, alors que la religion, l’éducation, les influences domestiques échoueront. Et nous pouvons toujours, à un moment donné, avoir besoin d’être sauvées.
—Est-ce que vous supposez de l’humour à cette Delville?
—Sa toilette l’accuse. Comment une créature qui porte son supplément sous son bras gauche peut-elle avoir la moindre notion de ce qui vous va bien, et à plus forte raison de ce qui fait ressortir votre sottise? Si elle écarte le Maître de danse après l’avoir vu une seule fois danser, je pourrai l’estimer... Autrement...
—Mais est-ce que nous n’allons pas beaucoup trop loin dans nos suppositions, ma chère? Vous avez vu cette femme chez Peliti. Une demi-heure après, vous la retrouverez avec le Maître de danse. Une heure après, vous la rencontrez là-bas, au cabinet de lecture...