Le lendemain de l'émétique, on lui donne le remede [No. 50], en deux prises. On le laisse un jour sans autre remede que la ptisane; on réitere la rhubarbe; alors ordinairement la force du mal est passée; on continue la diette pendant quelques jours, & l'on met le malade au régime des convalescens.

§. 314. Quelquefois la dyssenterie s'annonce avec une fiévre inflammatoire, un pouls fiévreux, dur, plein, un violent mal de tête & de reins, le ventre tendu. Dans ces cas, il faut faire une saignée, donner tous les jours trois, & même quatre lavemens [No. 6], ou plus, & boire beaucoup de la ptisane [No. 3].

Quand toute crainte d'inflammation est absolument passée, on vient au traitement marqué dans le paragraphe précédent.

J'ai guéri plusieurs dyssenteriques, en ne leur ordonnant pour tout remede, qu'une tasse d'eau tiede tous les quarts-d'heure; & il vaudroit mieux s'en tenir à ce remede, qui ne peut être qu'utile, que d'en employer d'autres dont on ignore les effets, & qui en produisent souvent de très dangereux.

§. 315. Il arrive aussi que la dyssenterie se joint à une fiévre putride; ce qui oblige à donner, après l'émétique, les purgatifs [No. 22] ou [46], & plusieurs doses du [No. 23], avant que d'en venir à la rhubarbe. Le [No. 31] est excellent dans ce cas.

En 1755, il y eut ici, en automne, quand l'épidémie nombreuse de fiévres putrides commença à cesser, un grand nombre de dyssenteries, qui avoient beaucoup de rapport avec ces fiévres. Je commençai par le remede [No. 33], & ensuite je donnai le [No. 31]. Je ne fis prendre la rhubarbe qu'à très peu de malades sur la fin de la maladie. Presque tous furent guéris au bout de quatre ou cinq jours. Un petit nombre, à qui je n'avois pas pû donner l'émétique, ou qui avoient quelque complication, languirent assez long temps; mais sans danger.

§. 316. Quand la dyssenterie est compliquée avec des symptômes de malignité (voyez [§. 227].), l'on emploie, avec succès, après le remede [No. 34], ceux [No. 37] & [39].

§. 317. Quand le mal a déja duré plusieurs jours, sans remede ou avec de mauvais remedes, il faut se conduire tout comme s'il commençoit, à moins qu'il ne fût survenu des accidens étrangers à la maladie.

§. 318. Cette maladie a quelquefois des rechûtes au bout de quelques jours; elles sont presque toutes occasionnées ou par le manque de diette, ou par l'air froid, ou par l'échauffement. On les prévient en évitant ces causes; on les guérit en se mettant au régime & en prenant une prise du remede [No. 50]. Si sans aucune cause sensible, le mal revenoit, & s'annonçoit comme une nouvelle maladie, il faudrait la traiter comme telle.

§. 319. Quelquefois elle est compliquée avec une fiévre d'accès; il faut guérir premierement la dyssenterie, et ensuite la fiévre. Si cependant les accès de fiévre étoient violens, on donneroit le quinquina (voyez [§. 241]).