§. 471. Pendant le tems de l'accès d'Asthme, on doit tenir le malade au régime, c'est-à-dire ne lui donner aucune nourriture solide, on ne lui accordera même celles [No. 35], que dans le cas où l'accès sera long, & qu'il ne sera pas de la plus grande violence; les viandes augmentent & prolongent beaucoup l'accès. On évitera de donner les boissons chaudes, & on les rendra un peu acides, comme celles [No. 1], [2].
§. 472. Pour prévenir les accès, ou les éloigner jusqu'à ce qu'on puisse consulter un Médecin, on évitera de faire aucun excès dans le boire, le manger, l'exercice, &c. On se garantira du froid avec le plus grand soin, & surtout de celui qui est joint à l'humidité. On fera un exercice modéré. On prendra dans l'Asthme où l'on crache beaucoup, la poudre [No. 14], une demi-prise à chaque repas, & tous les matins à jeun trois pillules [No. 73], avec deux verres de [12], immédiatement après: il faut aussi se purger de tems en tems avec le [No. 21]. Si c'est un Asthme où on ne crache pas, on usera tous les jours des boissons délayantes, & on se fera saigner lorsque les premiers symptômes de plénitude[19], l'augmentation dans la difficulté de respirer, ou le serrement de poitrine se feront sentir: dans les deux especes les eaux minérales chaudes prises dans leurs saisons, la saignée faite en Printems & dans les grandes chaleurs; & les purgations en Automne & en hyver; sont des secours très utiles pour prévenir ou retarder les accès.
[19] Voyez ces signes, article de la [saignée].
Lorsqu'un Goutteux dont la goutte est vague, ou ne se fait pas sentir au lieu & au tems ordinaires, est attaqué de difficulté de respirer, voyez ce qui est dit article de la [goutte remontée].
Carreau.
§. 473. On trouve souvent dans la campagne parmi le peuple, des enfans qui ont le ventre plus gros qu'ils ne doivent l'avoir, il est dur, & la peau est tendue; ils sont pâles, tristes, paresseux, sans appétit; ils sentent des douleurs vers le nombril, dorment peu; & ils ont beaucoup d'ardeur, de la soif, & souvent de la fievre le soir. Dans le commencement, ils vont difficilement à la selle; mais au bout de quelque tems il survient un dévoiement; ils dépérissent à vue d'œil, tombent en chartre, maigrissent très vîte, le ventre seul est fort gros. Le carreau vient d'obstructions & d'embarras dans une ou plusieurs des parties contenues dans le bas du ventre, & ce qui souvent y a donné lieu, sont des alimens indigestes, visqueux, les fruits cruds non mûrs, le laitage dans quelques constitutions auxquelles il est contraire, les vers, la malpropreté, la transpiration long-tems retenue, une disposition écrouelleuse, des éruptions rentrées, ou qui n'ont pas sorti entierement.
§. 474. Pour guérir cette maladie, il faut interdire les mauvaises nourritures & leur en substituer de bonnes, aisées à digérer, point visqueuses, ni qui s'aigrissent aisément: les panades, les fruits cuits, les œufs, un peu de viandes blanches & legeres, les plantes ou légumes fondantes & apéritives, laitue, chicorée, épinars, cardes, &c. on mettra le malade dans un lieu où l'air soit sec & sain, on lui fera faire le plus d'exercice qu'on pourra, à pied ou en voiture, il boira un peu de bon vin vieux avec de l'eau de chiendent, ou une eau de rhubarbe legere. On lui fera des frictions sur tout le corps avec la flanelle, on appliquera sur le ventre les topiques [No. 9].
§. 475. On lui fera prendre tous les jours des sucs exprimés des plantes apéritives [No. 7], dans du petit lait, ou au moins des décoctions de ces mêmes plantes. Ce remede manque rarement d'avoir son effet, surtout si on le prend dans le Printems; les vertus fondantes & apéritives sont alors à un plus haut degré dans les plantes, que dans les autres saisons: lorsqu'on manque de ces plantes fraîches, on doit faire des décoctions de racines de chiendent, d'asperges, d'oseille, de patience, de chelidoine, que l'enfant prendra de trois en trois heures par verrées; on mettra dans le premier verre du matin pris à jeun, un gros de sel de glauber, ou de sel de duobus, ou une prise du [No. 23]. L'extrait de cigüe [No. 55], est un remede excellent, & qu'il sera aisé de faire prendre aux enfans. On purgera tous les dix à douze jours avec la poudre [No. 37], ou le syrop de chicorée composé. Lorsque le ventre sera désenflé & mollet, on fera prendre quelque tems une eau minérale legere, naturelle, comme celles de Passy, de Forges, ou artificielle comme [No. 83].
Catharre suffocant.
§. 476. Dans cette maladie, une des plus vives qu'il y ait, qui attaque subitement surtout les vieillards, les enfans, & ceux qui ont un tempérament humide & pituiteux, & qui est quelquefois épidémique, la respiration se fait si difficilement, & l'oppression est si grande, que le danger de la suffocation est des plus pressans, & que le malade meurt quelquefois dans le moment de l'attaque, ou peu d'heures après.