—Souffrez-vous donc, chers enfants, ou avez-vous éprouvé quelque chagrin? leur demanda-t-il.

Annetje baissa la tête et ne répondit point; Agathe, les pommettes en feu, répliqua hardiment et les yeux fixés sur Simon:

—Malades! tristes! Nous ne sommes ni tristes, ni malades, n'est-ce pas, ma soeur? ajouta-t-elle avec ironie en se tournant vers Annetje.

Annetje tremblait de tous ses membres; c'était le premier mensonge qu'elle entendait sortir des lèvres d'Agathe, le premier blâme qu'elle se sentait le droit d'infliger à sa soeur.

Simon prit la main d'Agathe et la sentit brûlante et fiévreuse.

—N'avez-vous donc plus d'affection pour moi, Agathe, que vous manquez de confiance à mon égard? demanda-t-il avec émotion à la jeune fille.

Annetje fondit en larmes; Agathe, pâle, tremblante, la tête droite, les narines agitées par un mouvement convulsif, regarda sa soeur et Simon avec un sourire amer.

—Si Annetje a quelque sujet de peine, qu'elle vous le confie! dit-elle amèrement; quant à moi, j'ignore ce qui fait couler ses larmes.

—Mais vous n'en versez point, Agathe! c'est la première fois que vos sensations sont différentes, et ce phénomène a le droit de m'alarmer.

—Interrogez Annetje! répéta-t-elle avec perfidie; quant à moi, je n'en sais rien.