—Le chevalier Pierre-Paul Rubens! répétèrent trois fois les héraults.
Un murmure de surprise et de joie s'éleva dans la foule.
Le peintre célèbre s'avança avec modestie, et lorsqu'il salua le prince, en pliant un genou suivant l'usage, les applaudissements unanimes de l'assemblée et du peuple, les cris de Vive le prince Ferdinand! attestèrent combien ces honneurs rendus au grand artiste touchaient et rendaient fière la population anversoise.
On attendait le second nom.
—Mynheer Simon van Maast! dit le prince.
—Mynheer Simon van Maast! crièrent les héraults de leur voix retentissante.
Les mêmes acclamations qui avaient salué le nom de Rubens saluèrent le nom de Simon, qui se rendit près du prince.
—Mynheer, dit Ferdinand en allant au devant du médecin et en le faisant monter près de lui sur l'estrade, je m'estime heureux de pouvoir honorer en vous la science et le dévouement, comme j'honore en la personne du chevalier Rubens le génie de la peinture. Vous êtes tous les deux de grands citoyens tels qu'un pays doit s'honorer d'en produire. Vous, Simon van Maast, fils de vos oeuvres, orphelin, abandonné, qui vous êtes fait un grand médecin à force de travail et de persévérance, vous venez de couronner une carrière honorable et illustre, en vous dévouant au salut de tous! Vous avez arrêté, seul, les progrès d'une épidémie funeste! Merci au nom des Pays-Bas!
Les cris de la foule et les battements de mains interrompirent le prince; l'enthousiasme fit oublier un instant le respect.
Quand le calme se fut rétabli, Ferdinand dit à Simon: