«Je ne compte pas rester inactive au Ciel, disait-elle; mon désir est d'y travailler encore pour l'Eglise et les âmes...

Après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses. Je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre.»

Ces espérances et ces promesses se réalisent en effet d'une manière touchante et souvent prodigieuse. Depuis l'apparition de l'«Histoire de son Ame», actuellement tirée en France à 125.000 exemplaires, sans compter les 350.000 de l'édition abrégée (Appel aux Petites âmes), nous ne cessons d'en recevoir de toutes parts les témoignages les plus précieux.

Cette «Histoire d'une Ame», sous différents titres, est traduite en neuf langues étrangères; et les traductions portugaise et anglaise—privilège singulier—sont enrichies d'indulgences par le cardinal-patriarche de Lisbonne, huit prélats de la même nation et par Mgr Bourne, archevêque de Westminster.

Depuis quatorze ans, les pèlerinages à la tombe de Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus deviennent de plus en en plus nombreux. On baise respectueusement cette terre sainte, on en garde des fleurs comme de véritables reliques; et, ce qui vaut mieux que des fleurs éphémères, on emporte de ce lieu béni des consolations durables, des grâces de toutes sortes. Un évêque missionnaire, revenant de ce tombeau, «qui bientôt, dit-il, sera glorieux», nous confiait qu'il avait vu par trois fois la «petite Thérèse» lui sourire.

Mais cette «petite Thérèse» ne fait point acception de personnes: si elle sourit à un prince de l'Eglise, elle essuie aussi volontiers les larmes des pauvres. Tant de fois elle nous l'a fait savoir! Citons simplement l'exemple de cette femme en haillons, surprise là, tout en pleurs, dans l'attitude et l'expression du plus affreux désespoir, et tout à coup changée, souriante, comme irradiée par une vision céleste. Etonné d'un tel contraste, le témoin caché de cette scène, qui ne connaissait ni Sœur Thérèse, ni sa tombe, osa s'approcher pour interroger la mendiante et connaître la cause d'une si subite transformation: «J'ai prié la petite sainte du Carmel, répondit la pauvre femme émue et confuse... Oh! comme elle m'a bien consolée!...»

Les grands et les petits sont donc les clients de cet ange.

Nous suffisons à peine à contenter les pieux désirs de tous ceux qui demandent une parcelle de ses vêtements, une «relique» quelconque, si minime soit-elle, de «la petite reine», de la «petite sainte Thérèse», de «la petite grande sainte», comme chacun l'appelle tour à tour. Nous ne comptons plus les souvenirs distribués.

Et c'est ainsi que, par son intercession, on obtient les faveurs les plus signalées.

Nous en donnerons d'autres exemples à la fin de ce volume, mais nous savons bien que le livre d'or du Ciel pourra seul nous révéler l'abondance et le parfum de cette pluie de roses qui tombe aujourd'hui silencieuse...