Seules alors, et d'une bouche amie,
Vous me disiez, d'un air doux et riant:
«Que me veux-tu? qui peut troubler ta vie?
Ouvre-moi ton cœur suppliant.
«Dans les transports où s'égare ton âme,
Désires-tu former de nouveaux nœuds?...
Ah! quel mortel, insensible à ta flamme,
Sapho, dédaignerait tes feux?
«L'ingrat te fuit! Il reprendra sa chaîne;
Par des faveurs il paiera tes faveurs;
Il t'aimera, quelle que soit sa haine,
Et même malgré tes rigueurs.»
Dans mon malheur, hélas! je vous implore!
Il en est temps, ne m'abandonnez pas!
Venez, Cypris, me secourir encore!
Secondez-moi dans mes combats!
MELPOMÈNE.
ODE II.
A LA BIEN-AIMÉE.
Il me semble l'égal des dieux
Celui qui de ta voix s'enivre,
Qui lit son bonheur dans tes yeux,
Et qui près de toi se sent vivre!
Ce doux souris, quand je te vois,
Me trouble!... Interdite, oppressée,
Sur ma lèvre expire ma voix,
Et ma langue reste glacée!...
Je brûle!... Des feux inconnus
En moi courent de veine en veine...
Je n'entends rien... je ne vois plus...
Je suis tremblante et sans haleine...