Toi, Sapho, jeune et belle encore,
Malgré le temps et sa rigueur,
Toi, tu brilles comme l'aurore,
Dans toute ta fraîcheur!
Par l'éclat qu'on admire en elle,
La rose règne sur les fleurs;
Et toi, par ta grâce immortelle,
Tu règnes sur les cœurs.
La palme a couronné ta lyre,
Sans rivale, aux jeux solennels,
Et la Grèce, dans son délire,
T'éleva des autels.
Et de Lesbos à Syracuse,
Une voix, à travers les cieux,
A dit: Sois la dixième Muse...
C'était la voix des dieux!
POLYMNIE.
ODE PREMIÈRE.
A VÉNUS.
Vénus, ô vous qu'en tous lieux on adore,
Vous qui savez les intrigues d'amour,
Venez calmer le mal qui me dévore;
Ma voix vous invoque en ce jour!
Venez! Jadis, sensible à ma prière,
De votre cœur j'éprouvai les bienfaits;
Soudain, pour moi, de votre divin père
Vous quittiez le brillant palais.
Votre char d'or, ô déesse de Gnide,
Était traîné, dans l'espace des cieux,
Par des moineaux qui, d'une aile rapide,
Vous offraient bientôt à mes yeux.