Elle se laissa tomber à genoux parmi les fidèles, si nombreux qu'ils couvraient le parvis, depuis l'autel jusqu'à la sortie. Tout en priant elle-même, elle entendit soupirer et sangloter ceux qui l'entouraient. Toute cette douleur pénétra dans son cœur et le remplit d'une compassion toujours grandissante.

—Ah! mon Dieu, laissez-moi faire quelque chose pour sauver ce vieux malade, pria-t-elle. Je viendrai par là en aide, d'abord à mes enfants, et puis à tant d'autres!

De temps à autre, un petit moine décharné se glissait parmi les fidèles et leur chuchotait quelques mots à l'oreille. Celui à qui il avait parlé se levait aussitôt pour le suivre dans la sacristie.

Signora Concenza comprit bientôt de quoi il s'agissait.

—Ce sont là des gens qui font des vœux pour le rétablissement du pape, pensa-t-elle.

La prochaine fois que le petit moine vint faire son tour, elle se leva pour le suivre.

Ce fut là un acte complètement involontaire. Il lui sembla qu'elle y était poussée par la puissance occulte qui régnait dans la vieille église.

Une fois entrée dans la sacristie qui avait l'air encore plus mystérieuse que l'église même, elle se repentit:

—Qu'est-ce que je viens faire ici? se demanda-t-elle. Qu'est-ce que j'ai à donner, moi? Je ne possède rien que deux charretées de légumes. Je ne peux pourtant pas donner aux saints quelques paniers d'artichauts!

Le long d'un des murs était un comptoir derrière lequel se tenait un prêtre qui notait sur un registre tout ce qu'on promettait aux saints. Concenza entendit l'un promettre de donner à la vieille église une somme d'argent, un autre sacrifier sa montre d'or, un troisième ses boucles de perles.