—Alors, dit-il, c'est toi qui—mais il n'acheva pas la phrase.

Il se détourna d'elle, se redressa sur son siège et ne lui adressa plus la parole.

Gudmund assénait au cheval coup sur coup, maugréait contre le mauvais état de la route et paraissait de fort mauvaise humeur. La jeune fille resta sans bouger quelques moments, mais bientôt Gudmund sentit une main se poser sur son bras.

—Que veux-tu? demanda-t-il sans tourner la tête.

Elle demandait qu'il voulût bien s'arrêter pour la laisser descendre.

—Pourquoi donc? lit Gudmund d'un ton narquois. Tu n'es pas bien ainsi?

—Si, seulement je préfère marcher. Gudmund se raisonna un peu. C'était bien fâcheux d'avoir offert, juste ce jour-là, une place dans sa voiture à une femme telle que Helga. Mais d'autre part il estima que du moment qu'il l'avait prise dans la voiture, il ne pouvait pas l'en chasser.

—Arrête donc, Gudmund! dit la jeune fille encore une fois.

Sa voix avait une telle décision que Gudmund tira à lui les rênes.

—Puisque c'est elle qui désire descendre, se dit-il, je ne dois pourtant pas la forcer à rester malgré elle.