Il restait là, hésitant, ne pouvant se résoudre à partir.

—J'aimerais bien te voir entrer avant de m'en aller.

—J'avais pensé leur laisser le temps de se coucher avant d'entrer.

—Non, tu rentreras tout de suite pour avoir à manger et pour te reposer, dit-il trouvant un certain plaisir à lui imposer sa volonté.

Elle se dirigea immédiatement vers la maison et lui suivait, très content et très fier de la voir obéir sans discussion. Quand elle fut sur le seuil, ils échangèrent de nouveau des saluts d'adieu, mais à peine eut-il fait quelques pas, qu'elle le rejoignit de nouveau.

—Reste ici, jusqu'à ce que je sois entrée! Cela me sera moins difficile, si je sais que tu es là.

—Oui, fit-il, je resterai ici jusqu'à ce que tu aies passé le moment le plus pénible.

Puis Helga ouvrit la porte, et Gudmund remarqua qu'elle la laissait un peu entre-bâillée, sans doute pour ne pas se sentir complètement séparée du protecteur resté dehors. Aussi ne se fit-il aucun scrupule de voir et d'écouter ce qui se passait à l'intérieur.

Les vieux firent à Helga un accueil des plus affectueux. La mère, ayant remis en hâte le petit dans son berceau, s'approcha de l'armoire d'où elle sortit une écuelle de lait et une miche de pain qu'elle déposa sur la table.

—Voilà! Viens manger maintenant, dit-elle. Puis elle alla à l'âtre ranimer le feu. J'ai entretenu le feu pour que tu puisses sécher tes vêtements et te chauffer toi-même en rentrant, mais mange d'abord. C'est bien de cela que tu dois avoir le plus besoin.