—Où allons-nous, maintenant? demanda Gudmund, après un court silence. Ne vaudrait-il pas mieux aller directement chez le commissaire?
—Il faut bien que tu rentres te reposer un peu, dit le père. Tu n'as pas dû dormir beaucoup ces dernières nuits.
—Mère sera bien effrayée de nous voir revenir.
—Elle ne sera guère étonnée, dit le père. Elle en sait autant que moi. Elle sera certainement heureuse d'apprendre que tu as fait des aveux.
—Je crois que mère et vous tous, là-bas, serez heureux de m'envoyer en prison, dit Gudmund avec amertume.
—Nous savons que tu perds beaucoup, en agissant selon la justice, dit le père. Et nous ne pouvons pas nous empêcher de trouver heureux que tu aies su te vaincre toi-même.
Il parut impossible à Gudmund de rentrer pour écouter tous ces gens le louer d'avoir détruit, gaspillé son avenir. Il cherchait un prétexte pour éviter de voir qui que ce fût avant d'avoir retrouvé un peu de calme.
À ce moment, ils passaient devant l'endroit où débouche le sentier du Grand-Marais.
—Voulez-vous arrêter ici, père? Je crois que j'irai causer un peu avec Helga.
De bonne grâce le père arrêta le cheval.