Gudmund se leva, et ils entrèrent tous deux dans la pièce à côté. Il avança une chaise à Hildur, mais elle ne s'assit point. Elle était rouge d'embarras, et les paroles arrivaient gauches et timides.
—J'étais sans doute... Oui, c'est peut-être bien un peu trop dur ce que je t'ai dit ce matin...
—Nous sommes venus un peu brusquement, dit Gudmund.
Elle devint encore plus rouge de honte.
—J'aurais dû réfléchir un peu. Nous aurions pu... Il aurait mieux valu...
—Je crois, moi, que tout est pour le mieux, Hildur. Ce n'est plus la peine d'en parler. Mais c'est gentil à vous d'être venue.
Elle cacha son visage dans ses mains et poussa un soupir qui ressemblait à un sanglot, mais tout de suite, elle releva la tête.
—Non, dit-elle. Je n'y tiens plus. Je ne veux pas te faire croire que je sois meilleure que je ne suis. Quelqu'un est venu me dire que tu étais innocent, en me conseillant de me rendre ici au plus vite, pour tout arranger. Et je ne devais pas dire que je connaissais ton innocence, car alors tu ne ferais pas grand cas de ma venue. J'aimerais bien avoir eu cette idée moi-même, seulement, je ne l'ai pas eue, mais je t'ai regretté toute la journée, en souhaitant que tout redevienne entre nous comme auparavant. Et, de quelque façon que cela finisse, il faut que je te dise que je me réjouis bien vivement de ton innocence.
—Qui est-ce qui est venu te donner ce conseil-là? demanda Gudmund.
—Je ne devais pas le dire.