Il entendit le prisonnier demander à ceux qui le surveillaient de lui permettre de dire quelques mots au pasteur.

Il s'approcha donc, et le prisonnier se tourna vers lui.

—Maintenant, tu vas bientôt être seul à savoir où se trouve la mine d'argent, dit Olof.

—Qu'est-ce que tu dis, Olof? dit le pasteur.

—C'est que, vois-tu, pasteur, depuis que nous avons su que c'était une montagne d'argent que nous avions trouvée, mon frère et moi nous n'avons pas pu rester aussi bons amis qu'auparavant: nous nous prenions constamment de querelle. Hier soir, nous nous sommes disputés sur le point de savoir qui de nous cinq avait le premier découvert la mine, et nous en sommes venus aux mains. Et maintenant, j'ai tué mon frère, et lui m'a blessé là sur le front. Je serai pendu, et après tu seras seul à connaître l'emplacement de la mine. C'est pourquoi je veux te demander une chose.

—Dis ce que tu as sur le cœur, fît le pasteur. Je ferai ce que je peux pour toi.

—Tu sais que je laisse une nombreuse nichée, commença le soldat.

Mais le pasteur l'interrompit immédiatement.

—Pour cela, tu peux être tranquille. Ce qui devait être ta part de la mine, leur reviendra comme si tu étais toujours en vie.

—Non, dit Olof Svärd, ce n'était pas cela que je voulais te demander. Je te demande de ne donner à aucun d'eux la moindre chose qui provienne de cette mine!