L'abbé Hans parlait de tous les préparatifs pour le Noël qu'il venait devoir chemin faisant et il rappelait à la femme du brigand toutes les fêtes et danses de Noël auxquelles elle avait dû prendre part dans sa jeunesse, quand elle était encore parmi les hommes paisibles.

—Vos enfants me font pitié, dit l'abbé Hans; ils ne pourront jamais courir dans la rue du bourg en travesti, ou jouer dans la paille de Noël.

Tout d'abord, la femme du brigand s'était contentée de donner des réponses courtes et sèches, mais peu à peu elle devint plus confidentielle, et écouta avec plus d'attention. Tout d'un coup, le brigand se tourna vers l'abbé Hans, tendant son poing fermé vers le visage de celui-ci.

—Mauvais moine, es-tu venu pour m'arracher ma femme et mes enfants par tes paroles? Ne sais-tu pas que je suis interdit et qu'il m'est défendu de descendre des hauteurs de la forêt?

L'abbé Hans le regarda fermement dans les yeux.

—Mon intention est de te procurer une lettre d'absolution de l'archevêque, dit-il.

À ces mots l'homme interdit et sa femme se mirent à rire bruyamment. Ils ne savaient que trop bien quelle grâce pouvait attendre un brigand des forêts de la part de l'évêque Absalon.

—Bon, si je reçois une lettre de grâce d'Absalon, dit le brigand, je ne volerai jamais plus la valeur d'une oie, je te le promets.

Le frère lai trouva mauvais que les brigands osassent rire de l'abbé Hans, mais celui-ci parut fort satisfait. Le frère lai ne l'avait jamais vu plus serein ni plus doux parmi les moines à Oved qu'il le vit ici chez les sauvages brigands.

Tout d'un coup la femme du brigand se leva.