—Lars Larsson doit commencer, dit-il.
En entendant ces mots, Jean Oster retira le violon du menton et fit un pas de côté.
Lars Larsson ne bougea pas; il resta à sa place, l'air tranquille et content de lui-même. Cependant, lui non plus ne leva pas son archet.
—C'est à Jean Oster de commencer, répéta-t-il. Et il appuya sur ses paroles en homme qui a l'habitude de faire à sa volonté.
Il y eut pas mal d'émoi dans le cortège, à cause du retard. Le père du fiancé vint demander à Lars Larsson de commencer. Le suisse de l'église apparut à la porte leur faisant signe de se dépêcher. Le pasteur était déjà devant l'autel; on ne pouvait pas le faire attendre.
—Vous n'avez qu'à demander à Jean Oster qu'il veuille bien commencer, répondit Lars Larsson. Nous autres, musiciens, nous le tenons pour le plus habile de nous tous.
—Cela se peut bien, répliqua le paysan, mais nous autres paysans, nous trouvons que c'est toi, Lars Larsson, qui est le plus habile.
Tous les invités firent cercle autour d'eux.
—Mais commencez donc, firent-ils, le pasteur attend. Nous allons être la risée de tout le monde.
Lars Larsson resta là, aussi tenace, aussi dédaigneux que jamais.