Dans la plaine la neige et la glace avaient disparu; les travaux du printemps avaient commencé.

—Quelles sont ces écrevisses qui se traînent à travers champs? demanda-t-il.

—Des charrues et des bœufs. Des charrues et des bœufs, répondirent les oies à l’unisson.

Les bœufs avançaient si lentement qu’on les voyait à peine se mouvoir; les oies leur crièrent:

—Vous n’arriverez que l’année prochaine. Vous n’arriverez que l’année prochaine.

Les bœufs ne restèrent pas à court de réponse. Ils levèrent leurs mufles en l’air et beuglèrent:

—Nous faisons plus de travail utile en une heure que vous dans toute votre vie.

Çà et là c’étaient des chevaux qui tiraient la charrue. Ils avançaient bien plus vite que les bœufs, mais les oies ne résistèrent pas au désir de les taquiner:

—Vous n’avez donc pas honte de faire une besogne de bœufs?

Et les chevaux hennissaient: