Klement regardait avec espoir le tomte, mais celui-ci demeura immobile.

—Tu ne seras pas mal ici, reprit Klement. Je te préparerai tous les jours un bol de nourriture et tu auras tant à faire que le temps ne te paraîtra pas long. Mais tu ne partiras que lorsque je te le permettrai. Nous conviendrons d’un signe. Tant que je mettrai ta nourriture dans un bol blanc, tu resteras. Quand je la mettrai dans un bol bleu, tu pourras t’en aller.

Klement se tut de nouveau, attendant que le petit bonhomme lui fît les signes de tête, mais l’autre ne bougea pas.

—Eh bien alors, dit Klement, il ne me reste qu’à te livrer au maître de ce jardin. Il te mettra en cage, et toute la grande ville de Stockholm viendra te regarder.

Cette perspective sembla effrayer le tomte, car il hocha instantanément la tête trois fois.

—Voilà qui va bien, fit Klement en prenant son couteau pour couper la ficelle qui emprisonnait les mains du petit bonhomme. Puis il se dirigea vers la porte.

Le gamin détacha lui-même les liens de ses chevilles et ôta son bâillon. Quand il se retourna pour remercier Klement Larsson, celui-ci était parti.

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* *

Dehors Klement croisa un vieux monsieur, grand et beau, qui semblait vouloir se rendre à un endroit voisin, d’où la vue était très belle. Klement ne se rappelait pas l’avoir jamais rencontré, mais le grand monsieur avait dû remarquer Klement auparavant, car il s’arrêta et lui adressa la parole.

—Bonjour, Klement! Comment vas-tu? J’espère que tu n’es pas malade? Il me semble que tu as maigri.