—De quoi ris-tu? demanda-t-elle.

—Je pense à la nuit où j’ai caché ta peau de phoque, répondit le pêcheur; il se sentait si sûr d’elle qu’il ne croyait plus avoir besoin de rien lui cacher.

—Qu’est-ce que tu dis? demanda la fiancée. Ma peau de phoque?

Elle semblait avoir tout oublié.

—Tu ne te rappelles donc plus comme tu dansais avec les ondines? demanda-t-il.

—Je ne sais ce que tu veux dire. Je crois que tu as fait un rêve étrange cette nuit.

—Et si je te montrais la peau, me croirais-tu? dit le pêcheur en dirigeant la barque vers l’île. Ils débarquèrent. Le pêcheur chercha la peau qui était restée sous la pierre où il l’avait cachée.

Dès qu’elle l’aperçut, l’épousée la lui arracha des mains, la jeta sur ses épaules où elle s’adapta, comme vivante, et se jeta dans le fleuve.

Le marié la vit s’éloigner rapidement. Il essaya en vain de se précipiter à sa poursuite. Désespéré, il saisit alors son épieu et le lança. Il réussit mieux qu’il n’eût certes voulu; la pauvre ondine poussa un cri déchirant et disparut dans les profondeurs.

Le pêcheur demeurait sur la rive, s’attendant à la voir reparaître; tout à coup il vit l’eau briller d’un doux éclat et comme s’animer d’une beauté nouvelle. Elle miroitait et scintillait et répandait un éclat rose et blanc pareil à celui qui joue à l’intérieur des coquilles.