—Viens vite, Maline, cria-t-il. Monte vite dans mon traîneau!

Il parlait durement, car il était fâché contre lui-même qui ne pouvait laisser la vieille femme à son sort.

—Tu ferais mieux de rester chez toi, au lieu de courir les routes, vieille sorcière, grommela-t-il. Voici que le Noir et moi perdrons la vie à cause de toi.

La vieille femme se taisait toujours.

L’homme reprit:

—Le Noir a fait déjà plus de cinq milles aujourd’hui, et la charge ne sera pas plus légère avec toi dans le traîneau.

Les patins du traîneau grinçaient contre la glace, mais on n’entendait pas moins le halètement des loups.

—C’en est fait de nous, dit l’homme. Ça n’a pas servi à grand’chose, ni à toi, ni à nous, de t’avoir ramassée, Maline.

La vieille femme qui jusqu’ici s’était tue, habituée à être toujours malmenée en paroles, ouvrit enfin la bouche.

—Je ne comprends pas pourquoi tu ne débarrasses pas le traîneau des fûts et des cuves. Tu pourrais revenir les ramasser demain.