Le renard fit rouler la cruche et écouta.

—Ce ne peut être que des pièces d’argent, dit-il.

C’était plus que les corneilles n’avaient osé espérer.

—Crois-tu vraiment que c’est de l’argent? demandèrent-elles, les yeux agrandis de convoitise; car, chose étrange, il n’est rien au monde que les corneilles aiment autant que l’argent.

—Ecoutez comme elles sonnent! dit le renard en faisant de nouveau rouler la cruche. Je ne sais malheureusement pas comment les avoir.

—Non, il n’y a pas moyen, soupirèrent les corneilles.

Le renard se frottait la tête de la patte gauche et réfléchissait. Si, à l’aide des corneilles, il avait pu se rendre maître du mauvais garnement qui volait avec les oies sauvages et qui lui avait toujours échappé!

—Je sais bien qui pourrait vous ouvrir la cruche, prononça-t-il enfin.

—Dis-nous son nom! dis-le! criaient les corneilles, et dans leur ardeur elles volèrent au fond du trou.

—Je ne vous le dirai pas, à moins que vous n’acceptiez mes conditions, leur fut-il répondu.