Impérieusement, des ordres de silence sont jetés. Dans ce palais, où règne la Loi, des officiers s’attribuent le monopole de l’autorité, font expulser, par les municipaux, qui leur déplaît.

Un jeune lieutenant du 2e tirailleurs, M. de Niessen, menace « de passer son sabre au travers du corps de qui se permettra d’applaudir encore ce Labori ».

On sort parmi les rugissements...

XV

LA JOURNÉE DES « CANNIBALES »

23 février.

Émile Zola, par un jury triplement menacé dans ses biens et sa sécurité, dans ses fils, dans l’organisation de la défense nationale, Émile Zola a été condamné, hier, à un an de prison et 3,000 francs d’amende ; Perrenx, gérant de l’Aurore, à autant d’amende et seulement quatre mois de prison.

Les deux questions posées au jury étaient :

1re question. — Perrenx est-il coupable d’avoir diffamé le premier Conseil de guerre de Paris en publiant dans l’Aurore du 13 janvier, journal dont il est gérant, un article signé Émile Zola, contenant les passages suivants (suivent les citations) ?

2e question. — Zola est-il coupable d’avoir procuré au gérant Perrenx, ou à tout autre rédacteur, les moyens de commettre cette diffamation ?