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Et nous revoici dans la rue.
En face, derrière une fenêtre grillée, on aperçoit Couard, l’expert. Que diable peut-il bien faire là ? Puis, en avant, le groupe de tantôt, M. Vervoort, M. Esterhazy, etc.
L’automobile, qui s’en retourne, provoque, en tant que moyen de déjouer tout complot, un accès de frénésie. C’est un joujou brutal et rapide : le coup de couteau qui pourrait trancher le jarret d’un cheval s’émousserait contre l’insensible armature ; et il en cuirait à qui se mettrait en travers !
Aussi, et bien que M. Esterhazy ait fait mine de s’élancer, la déception est-elle immense — et cocasse ! Du passage de Zola, il ne reste même plus un bouffée de fumée, qu’ils sont encore là, piteux, à menacer dans le vide.
A qui s’en prendre ? Comment utiliser cette noble ardeur ?
La Libre Parole, hier, désignait deux adresses où « retrouver » soit Zola, soit Picquart. On a suivi l’indication, guetté ce dernier. Une bande de voyous l’a assailli, injurié ; est montée ensuite sur l’impériale du wagon qu’il occupait, afin, le long du parcours, de l’escorter d’insultes.
C’était la revanche de la plainte portée par lui, non pas en diffamation où la preuve n’est pas admise, mais devant une juridiction où tout ce qui est insinué, articulé contre son honneur se pourrait établir — si c’était vrai !
Mais ils souhaitent la lumière, ceux-là, comme les chauves-souris souhaitent le jour !
Il viendra, n’ayez peur ! Chaque heure gagnée par ces chicaneries utiles marque un progrès fait, des esprits conquis, des cœurs ralliés... le temps est avec nous, comme l’avenir est à nous !