Il y avait là Gyp, le jeune Marcel Habert, le jeune Jules Auffray, le jeune Goussot, etc. Tous, en leur fidélité, étaient unanimes à réprouver le sacrilège ; qu’on vint, plus d’un demi-siècle après, troubler la paix des sépultures, arracher les morts de leur tombe, clouer des ossements au pilori — et arguer, contre un fils, des fautes possibles du père.

Les gens de cœur n’aiment point ces procédés.


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En ma qualité de femme, je connais mal la casuistique procédurière. On m’excusera donc de ne pas entrer dans ce qu’un haut magistrat — serait-ce pas M. Quesnay de Beaurepaire, un peu avant la constitution de la Haute-Cour ? — dénomma, d’une malheureuse inspiration, le « maquis de la procédure ».

On a discuté beaucoup, de part et d’autre, pour préciser la portée légale de la diffamation posthume, si le vivant, l’héritier, était en droit ou non de s’en déclarer lésé. On s’est accablé sous les textes ; on s’est renvoyé, comme volant, les citations.

Je ne suis pas grand clerc en la matière ; ce sont là des logogriphes très embrouillés ; des labyrinthes très arides, où de plus savants que moi perdent joliment leur latin. On m’excusera donc d’y couper au court.

L’incident le plus important, c’est que le principal accusé s’étant retranché derrière le « secret professionnel » (pour ne pas dire au tribunal d’où et de qui il tenait les prétendus documents sur la foi desquels il accusait l’avoué de Rennes), l’avocat du général Boulanger a déposé contre lui, en tant que complice, et contre X..., l’inconnu fournisseur desdites pièces, une plainte en faux et usage de faux.

Les plaidoiries ? Il n’est, ma foi, rien à en dire... ou si peu ! La cause était claire comme de l’eau de roche, parlait d’elle-même.

Le rôle de Me ⁎⁎⁎ se devait borner à ce qu’il a fait établir l’intention de nuire ; et réhabiliter, par des actes notariés, officiels visibles, ceux-là ! — la mémoire diffamée, peut-être affreusement calomniée du défunt !

Sous ce rapport, véritablement, la lumière a été complète. Et si le malheureux officier ministériel eut jamais une défaillance (ce qui, j’y insiste, n’est pas établi), on peut proclamer qu’il la racheta par toute une carrière d’activité, de probité, de dévouement au bien public !