Mais Leblois a parlé, le prêtre fut indiscret, le praticien fut bavard ? D’accord. En quoi cela concerne-t-il le client, le pénitent, ou le malade ?

Tandis qu’il faut même chercher, dans la seule action délictueuse (relevant exclusivement du Conseil de l’Ordre, de la juridiction professionnelle, et déjà frappée par ses soins), quel en fut le mobile, la portée, et le confident — l’honorable M. Scheurer-Kestner, alors vice-président du Sénat ; encore et toujours, suivant l’expression de Labori, « un des hommes les plus estimés de la République » — tandis que, même sur ce point, les avis sont partagés, comment admettre que puisse encourir aucune sorte, aucune part de responsabilité, celui qui, suivant les rites légaux dans les limites permises, se fia... et ne participa ensuite nullement à la transmission de ses paroles ?

Ceci déjà (origine, base, motif de l’intervention judiciaire), est déjà inepte et criminel.

Pour s’y résoudre, il a fallu :

1° Ne pas tenir compte de la déposition de M. de Pellieux, attestant que « par communication à Leblois », il avait entendu accuser le colonel Picquart, non pas d’avoir montré les pièces du dossier Esterhazy, même pas d’en avoir indiqué l’espèce ou la source, mais d’en avoir résumé le sens ce qui est, on en conviendra, un peu différent, et échappe à toute répression légale;

2° Passer sous silence la persistante protestation de M. Leblois, déclarant avoir agi de sa seule initiative, sans même en avoir avisé l’intéressé.

A ce prix, on a pu agir.


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Et encore, on ne l’a pas osé !

Il a fallu se contenter des bagatelles de la porte... et rien ne se peut voir d’aussi curieux, d’autant piteux (j’allais écrire de plus navrant) que la reculade du ministère public, arguant de son scrupule pour se dérober aux conséquences de sa propre décision.