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Dix-neuf jours plus tard ; le 17 FÉVRIER, M. le général de Pellieux, à l’audience faisait la déclaration que l’on sait, quant à l’existence de la fameuse pièce secrète, survenue au ministère de la guerre postérieurement à la condamnation de Dreyfus, lors de l’interpellation Castelin.

Autrement dit : le faux du colonel Henry.

M. de Pellieux traitait ce document, on s’en souvient, « de preuve absolue de la culpabilité de Dreyfus, absolue ! dont l’origine ne pouvait être contestée. »

M. le général Gonse appuyait, attestait l’existence, la réalité, et l’absolutisme de la preuve.

A l’audience suivante, M. de Boisdeffre, chef de l’État-Major général, confirmait de tous points la révélation de M. de Pellieux, « comme exactitude et authenticité ».

Et LE LENDEMAIN, 19 FÉVRIER, voici (portant le timbre de l’avenue Marceau, 5e levée, et mentionnée « Urgent et personnel »,) la lettre qui m’arrivait à la Fronde.

Paris, samedi 3 heures.

Madame Séverine,

Trop étroitement lié à l’affaire qui se déroule en ce moment aux Assises, jusqu’à présent, pour des raisons d’ordre intime, j’ai cru devoir conserver une attitude pleine de réserve et me suis tenu dans l’ombre ; mais quelques révélations faites par des chefs de l’État-Major, me visant directement, m’autorisent, par ce fait même, à lever le voile sur le rôle que j’ai joué.