Nous en sommes si parfaitement sûrs, que nous copions, des heures avant que le verdict soit rendu, la formule d’acquittement.

Parfois, la porte s’ouvre : un camarade, arrivant du dehors, apporte quelque écho, quelque nouvelle.

Ainsi, nous apprenons que le lieutenant-colonel Picquart et le lieutenant-colonel Henry, confrontés, auraient eu ensemble, dans le prétoire, une discussion, presque une altercation, des plus violentes ; qu’un des déposants civils s’est vu littéralement réduire au silence, par le Commissaire du gouvernement...

Puis, qu’il y a, extérieurement, ainsi que nous l’avons pu constater, jusqu’à sept heures environ, quatre pelés et un tondu — soit une cinquantaine de personnes, dont quarante reporters ; et autant de gardiens de la paix.

La consigne est stricte : il faut montrer le carnet de l’Association de la presse judiciaire pour franchir le seuil de la cour.

Mais vers huit heures, elle se relâche ; tandis que Me Tézenas prononce, à ce qu’on chuchote, une remarquable plaidoirie. Faut-il qu’il soit riche en éloquence, tout de même, pour la prodiguer ainsi, sans but et entrer en coquetterie avec une porte ouverte !

Soudain, on laisse monter ; comme dans la rue, on laisse stationner. Simultanément, dehors, des groupes s’organisent, en vue de la petite ovation aussi improvisée qu’imprévue ; dedans, on gravit en tumulte le large escalier de pierre à rampe forgée. Nous revoici dans la salle du Conseil, dont les membres sont debout, là-bas, au fond, sur l’estrade.

Et M. le général de Luxer lit :

Au nom du peuple français,

Aujourd’hui 11 janvier 1898, le premier conseil de guerre du gouvernement militaire de Paris, délibérant à huis-clos, le Président a posé la question suivante :