Par miracle, à la fin ils se lassèrent, s’en furent.
C’était sous le ministère Dupuy : on n’ouvrit même pas d’enquête, pour connaître bien moins les acteurs que les instigateurs de ces honteux exploits.
Aujourd’hui, les bons gîtes sont en paix. Rennes, paisible ainsi qu’il sied au prétoire sur lequel le monde a les yeux fixés, ne saurait plus admettre que rien troublât cette majesté qui l’honore, et l’hospitalité qu’elle-même accorde aux délégués de l’angoisse universelle.
AU CONSEIL DE GUERRE
L’HOMME
Rennes, 7 août.
Dans la splendeur du jour accru, montant, de minute en minute, par larges nappes blanches que commence à ambrer le soleil, des faces anxieuses, serrées, tendues vers un point de la vaste salle.
Sur l’estrade, des ors, de la pourpre, des plumes bougeuses, des éclairs d’acier — toute la pompe belliqueuse, tout l’orgueil et le déploiement de la Force, en grand apparat.
Mais rien ne prévaut, dans l’attention, sur cette porte, derrière laquelle, s’il ne se passe rien, habite le souffle court d’un homme qui espère et qui tremble, qui veut et qui craint...
Avez-vous vu des courses de taureaux ? Avez-vous observé la furieuse attente de la foule, penchée vers l’huis du toril ? Il y a de tout là-dedans : quelque effroi, du désir, un âpre besoin d’émotion, de l’intérêt, de la curiosité, de la fièvre, un élan éperdu vers des péripéties nouvelles.