Faudra-t-il donc, après l’omelette, s’occuper de la fricassée ?

LA PETITE BALLE


Rennes, 24 août 1899.

Labori intente un procès à M. Rochefort, à M. Drumont, à d’autres : encore il fait bien !— L’Intransigeant, la Libre Parole, la Patrie, ne cessant, non pas même d’insinuer, mais de proclamer, que l’attentat fut imaginaire et notre douleur comédie.

Il entend que l’on s’explique ; il ne lui convient pas d’être doublement victime, et, après avoir été blessé, d’être diffamé : il a raison.

Mais avant que de voir quelles ripostes triomphantes, quelles répliques péremptoires sont en réserve, regardons un peu, pour notre édification personnelle, en quels termes galants ces choses-là sont dites.

Voici d’abord M. Rochefort :

« Le précieux coup de revolver tiré sur M. Labori, et dont le secret reste d’autant plus impénétrable que la balle n’a pas pénétré... Nous demandons à voir la balle : on ne nous la montre pas non plus. Elle est restée dans les muscles et nulle menace n’arrive à l’en faire sortir. Si quelqu’un a pu avoir un avantage quelconque à tirer sur M. Labori avec un revolver peut-être chargé de gros sel, c’est certainement un agent du Syndicat ou du gouvernement. »

Maintenant voici M. Drumont, même thème, à propos de la démarche du docteur Doyen.