L’homme est devant moi, dans sa maison — cette maison que l’on prit tant de soin de désigner aux fureurs : spécifiant le numéro, joignant le dessin au texte, indiquant les aîtres, et le plus court chemin pour parvenir aux appartements, et y accomplir, sans doute, la besogne inspirée...

Le logis est beau, parce que spacieux et meublé de reliques. S’il y est du luxe, c’est du luxe d’art, donc qui ne me choque point, inaccessible qu’il demeure aux vulgaires et aux « mufles », aux pauvres d’esprit qui n’ont que de l’argent.

Et puis si, peu à peu, dans l’ambiance commune, sous la patine des ans, tout s’est harmonisé, on sent bien que le nid n’en fut pas moins construit brin à brin ; que ces choses belles ou rares, anciennes pour la plupart, ne sont pas legs, d’un bloc, n’entouraient pas le très modeste berceau où naquit le petit employé de chez Hachette.

C’est au fur et à mesura que le succès se dessinait, c’est au cours des voyages, c’est après chaque triomphe, qu’on acquérait, de ci de là, quelqu’une de ces merveilles, sans valeur intrinsèque, et inestimables, artistiquement, aux yeux des collectionneurs.

Mais chacun de ces bibelots a vu des siècles ; a traversé, au grand dam de son intégralité, des générations belliqueuses ou pacifiques, des événements dont la seule évocation nous laisse rêveurs.

Oh ! non, ce n’est pas ici le logis d’un cuistre, ni d’un philistin, ni d’un marguillier ! Et nul cadre, autant que ce fond de mosaïque parlante, vivante, attestant le néant des folies ancestrales et la survivance seulement d’une philosophie supérieure au geste éphémère des humains, nul cadre ne siérait mieux à l’ascétique vision que mon regard scrute, détaille — stupéfié !


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Ascète ? Zola ! Hé ! oui : ne vous pressez ni de sourire, ni de vous récrier.

J’ai connu le Zola de la première manière, l’être d’effort et de fatigue, de labeur et de réflexion, qui, puissamment, pesamment, le pas lourd, les épaules massives, les reins tendus, traçait son sillon.

J’ai connu aussi le Zola de la seconde manière, amaigri, arrivé, dans la période glorieuse et dangereuse où l’arme du militant, appendue au mur, semble réduite à n’être qu’un trophée ; où son ardeur aussi paraît s’engourdir ; où sa pensée risque de s’embourgeoiser.