Mais il ne faudrait point non plus que, par conscience, ou y prenant goût, ils écharpent tout à fait Zola. Ses amis l’ont poussé dans le vestiaire Bosc ; tandis que quelques énergumènes assomment un tout jeune homme, un isolé, M. Genty, préparateur d’examens, accusé par eux, malgré qu’il s’en défende énergiquement, d’avoir crié : « A bas la France ! »

Mais il a crié « Vive Zola ! » — Et il fallait bien justifier les coups ! Ceci fera école.

Et soudain, Zola réapparaît, entouré de sa poignée de fidèles. Malgré tout ce qu’on peut lui dire, myope, gauche, pâle, mais le menton têtu, il se dirige vers la porte de la façade, en haut du grand escalier.

La foule l’encombre ; et aussi la cour ; et aussi le boulevard, trottoirs et chaussées, jusqu’à l’Hôtel-Dieu !

Il y fonce, il y sombre. Le ciel est bas, le jour expire. Vous souvient-il, dans Salammbô, du dernier chapitre : Mathô descendant un escalier comme celui-ci sous les coups de la populace ?

On y songe... et on tremble. Moins pour lui, encore, que pour l’honneur de ce pays ! D’ici, c’est seulement son sillage furieux qui est indice de sa présence. Une voiture qu’entourent les agents ; un cheval qui se cabre, puis part au galop...

— A mort, Zola ! A l’eau ! A la Seine !

O France !

III

LA JOURNÉE DES GÉNÉRAUX