Savez-vous ce qu’il a fait ?

On sait que, rayé du tableau des experts pour irrégularité grave, il dut à M. Trarieux d’être inscrit ailleurs, de pouvoir gagner sa vie, d’être, au point de vue de la fonction, en quelque sorte réhabilité.

Comment a-t-il reconnu cela ? On se rappelle que lundi, à cette même place, devant la barre, débordant de componction, il protestait que sa « reconnaissance ne finirait qu’avec ses jours. »

Hé ! bien, la correspondance de son bienfaiteur, il s’en est allé mardi la livrer à la Libre Parole et il en est résulté un article on ne peut plus outrageant pour l’ex-objet de sa gratitude.

Quel brave homme, ce Teyssonnières, la noble conscience et l’excellent cœur !

Du coup, M. Trarieux se fâche ; combat la fausseté de ces assertions; communique, à la Cour, des lettres dont le président donne lecture et qui, par leur date, par leur texte, établissent le non-fondé des imputations qu’inspira le témoin.

Celui-ci est contraint à le reconnaitre publiquement, à désavouer le dit article, à en décliner la responsabilité ! Il n’en est que l’instigateur, pas l’auteur ; il n’a fait que fournir les lettres, les matériaux, et indiquer l’interprétation à leur donner.

C’est déjà bien !

Sans compter que, précédemment, M. Scheurer-Kestner l’a obligé, aussi, à convenir d’une inexactitude dont l’étrangeté mérite attention.

Le 11 juillet, lors de la deuxième et dernière visite que lui fit l’expert, l’honorable sénateur, ne s’occupant que de la corrélation entre l’écriture de Dreyfus et celle du bordereau, ignorait totalement le nom et jusqu’à l’écriture de M. Esterhazy, lesquels devaient lui être révélés seulement en novembre. Il ne pouvait donc en parler à M. Teyssonnières.