Or, celui-ci, qui tient paraît-il un journal de ses impressions et aventures quotidiennes, y a introduit à cette date, soit quatre mois à l’avance, au sujet des spécimens d’écritures consultés en cette entrevue, le nom d’Esterhazy.
— Qui vous l’avait appris ? interroge le défenseur.
— La rumeur publique...
— Oui-dà ? Et la dénonciation de M. Mathieu Dreyfus est du 18 novembre !
Maintenant, voici ensemble M. Paul Meyer et M. le général de Pellieux.
Celui-ci n’est pas une bête : il s’en faut !
Tant qu’il s’est senti sur son terrain, drapeau, chapeau, honneur, valeur, il a profité de l’avantage. Mais maintenant, il sent que ça glisse et ne s’aventure qu’avec prudence.
Tandis que le savant, avec sa bonhomie un peu narquoise, se meut à l’aise ; observe doucement qu’en pareille matière « les déclarations retentissantes » ne sont de rien. Lui, qui sait à peine distinguer entre la vallée de Barcelonnette et la vallée de la Meuse, s’il avait des troupes à y placer, il serait bien malheureux et « gafferait », c’est sûr. Ses yeux pétillent de malice, derrière les vitres de son lorgnon...
Puis, dès un accord sur la presque exactitude du fac-similé du Matin, le duel s’engage.
Il n’est pas long. A la quatrième reprise, le militaire est désarmé. M. Paul Meyer s’est contenté de réitérer la même question :