J’ai fait son portrait en janvier, ici même, lors de sa comparution devant le Conseil de guerre. Je n’ai que peu de traits à y ajouter.
Il semble encore plus « embusqué » que précédemment, dans tous les sens du mot plus hérissé de méfiance. Il a le bec crochu, le crâne chauve, la tête aplatie, la prunelle fugace des carnassiers à larges ailes.
Mais il ne plane pas...
Comme un oiseau de proie sur un perchoir, il va demeurer là, fixé à la barre, les paupières clignantes, un bref frisson aux épaules.
Que va-t-il répondre ? Rien.
Il ne répondra pas : il méprise Zola...
Me Tézenas a bien compris que c’était la seule tactique possible ; que même les oui, les non, auraient leurs dangers. Son subtil esprit l’a servi à merveille, et l’on ne peut qu’admirer l’ingéniosité du détour.
Mais la scène est shakespearienne, étouffante pour les assistants.
Me Albert Clemenceau, sans aucune sorte d’arrogance, s’élevant, par le ton, à la hauteur tragique de la situation, mais implacable comme un justicier, interroge, interroge, interroge.
Entre chaque question est une minute de silence, solennel, écrasant! Voilà qu’on en revient aux lettres, à celles qu’il a reconnues :