» D’après ces chefs suprêmes, on peut non pas juger de tous les autres — il en est fort heureusement de bons — mais on peut juger du nouveau et terrible guêpier où nous serions en cas d’un coup de torchon. »

Celui-ci, même journal, 3 octobre 1897, sans signature :

« La justice militaire, aussi boiteuse que l’autre, mais plus aveugle et plus brutale... Ces criantes injustices sont révoltantes et jettent dans l’esprit des soldats des ferments de révolte, légitime après tout. »

Celui-ci, même journal, 14 juillet 1896, extrait d’un article de M. Henri Rochefort :

« On n’embrasse l’état militaire que dans l’espoir de tuer des hommes et, quand on n’est pas de force à tuer ceux des autres, on extermine les siens. La grande croyance des idiots qui se sont succédé au ministère de la guerre est que, si nous avons été battus en 1870, c’est parce que nos troupes étaient insuffisamment disciplinées. »

Celui-ci, même journal, 6 septembre 1870, sans signature :

« L’obéissance passive, l’égoïsme et la brutalité féroce, ce sont là les grands principes que l’on s’efforce de faire pénétrer dans le cœur et dans le cerveau des soldats... Si l’armée était vraiment une grande famille ; si elle était l’école de l’honneur, de la dignité et du devoir, si elle était l’institution démocratique qui convient au peuple français, elle serait invincible et il n’y aurait pas parmi elle de déserteurs.

» Mais la vérité c’est que l’on cherche à faire de nos soldats des mercenaires, et que les plus éclairés, les plus fiers, les plus ardents, les meilleurs, sont précisément ceux qui ont le plus impérieux besoin de se soustraire à ce rôle odieux. »

Celui-ci, même journal, 12 avril 1894, extrait d’un article de M. Henri Rochefort :

« Eh bien ! le public a le regret de constater que ce fameux « esprit militaire » qu’on inculque aux professionnels de l’armée, arrive en un temps relativement assez court à atrophier les plus belles intelligences. De récents jugements rendus par les conseils de guerre démontrent qu’il y a un véritable danger national à laisser plus longtemps à des juges aussi peu préparés aux fonctions judiciaires le droit de vie et de mort sur des accusés dont ils sont hors d’état d’apprécier la culpabilité. »