2 Le consul Q. Fabius Maximus, envoyé au secours des Sutriens contre les Étrusques, attira sur lui toutes les forces de l'ennemi, et bientôt, feignant d'avoir peur et de prendre la fuite, il gagna des hauteurs, d'où il retomba sur les Étrusques, qui montaient pêle-mêle derrière lui; et non seulement il fut vainqueur, mais encore il s'empara de leur camp.
3 Sempronius Gracchus, ayant à combattre les Celtibériens, feignit de les redouter, et se tint dans son camp. Il fit ensuite sortir ses troupes légères, qui, après avoir harcelé les ennemis, lâchèrent pied tout à coup, et réussirent à les éloigner de leurs retranchements. Alors Sempronius, les voyant accourir confusément, prit l'offensive, et les battit à tel point, que leur camp tomba en son pouvoir.
4 Le consul Metellus, faisant la guerre en Sicile contre Hasdrubal, et observant l'armée ennemie avec d'autant plus de soin qu'elle était très nombreuse et renforcée de cent trente éléphants, affecta de la crainte, tint ses troupes renfermées dans Panorme, et fit creuser un large fossé en avant de la place; puis, voyant arriver cette armée, avec les éléphants à la première ligne, il ordonna à ses hastati d'aller lancer des flèches contre ces animaux, et de se réfugier aussitôt dans le retranchement. Irrités de cette bravade, ceux qui conduisaient les éléphants les firent descendre jusque dans le fossé même[68], et, quand ils s'y furent engagés, une partie de ces animaux fut accablée d'une grêle de traits, et les autres, se retournant contre les Carthaginois, mirent le désordre dans leur armée. Alors Metellus, qui n'attendait que l'occasion, s'élança avec toutes ses troupes, attaqua en flanc les ennemis, les tailla en pièces, et les prit avec leurs éléphants.
5 Tomyris, reine des Scythes, combattant contre Cyrus, roi de Perse, sans résultat décisif, l'attira, par une fuite simulée, dans un défilé bien connu des Scythes; là, se retournant tout à coup, et secondée par la nature du lieu, elle remporta la victoire.
6 Les Égyptiens couvrirent d'herbes aquatiques certains marais voisins d'une plaine où ils devaient combattre; et, l'action engagée, ils attirèrent, par une feinte retraite, les ennemis dans le piège. Ceux-ci, s'élançant avec trop d'ardeur sur un terrain qu'ils ne connaissaient pas, s'enfoncèrent dans la vase, et furent enveloppés.
7 Viriathe, qui de brigand était devenu chef des Celtibériens, feignant de lâcher pied devant la cavalerie romaine, l'amena jusque dans des fondrières et des ravins; et, tandis qu'il s'échappait lui-même par des chemins solides qu'il connaissait, les Romains, auxquels les lieux étaient inconnus, s'embourbèrent et furent taillés en pièces.
8 Fulvius, commandant une armée romaine contre les Celtibériens, établit son camp à proximité du leur, et ordonna à sa cavalerie de s'avancer jusque sous les retranchements de ces barbares, de les harceler, et de se replier par une retraite simulée. Il renouvela cette provocation pendant quelques jours, et s'aperçut que les Celtibériens, en poursuivant avec ardeur sa cavalerie, laissaient leur camp sans défense. Alors, ayant donné l'ordre à une partie de ses troupes d'exécuter encore la même manoeuvre, lui-même, avec ses troupes légères, alla, sans être aperçu[69], prendre position derrière les ennemis; et, quand ceux-ci furent sortis comme à l'ordinaire, il accourut soudainement, abattit les palissades abandonnées, et se rendit maître du camp.
9 Une armée de Falisques, plus nombreuse que la nôtre, étant venue camper sur nos frontières, Cn. Fulvius fit mettre le feu par ses soldats à des maisons éloignées de son camp, dans l'espoir que les Falisques, attribuant à quelques-uns des leurs cette dévastation, se disperseraient pour aller au pillage.
10 Alexandre, roi d'Épire, étant en guerre avec les Illyriens, plaça des troupes en embuscade; puis ayant fait prendre à quelques soldats le costume des ennemis, il leur donna l'ordre de commettre des ravages sur le territoire même de l'Épire. Dès que les Illyriens les aperçurent, ils se répandirent de tous côtés pour faire du butin, avec d'autant plus de sécurité, qu'ils prenaient pour leurs éclaireurs ceux qu'ils voyaient en avant. Ainsi attirés sur le lieu de l'embuscade, ils furent taillés en pièces et mis en fuite.
11 Leptine, commandant l'armée des Syracusains contre les Carthaginois, fit aussi ravager son propre pays, et brûler des maisons de campagnes et quelques châteaux. Les Carthaginois, croyant que c'était l'oeuvre des leurs, sortirent du camp pour les soutenir, et tombèrent dans une embuscade, où ils trouvèrent, leur défaite.