42 Iphicrate, général athénien, étant près de la Chersonèse, et apprenant qu'Anaxibius conduisait son armée par terre, débarqua ses troupes les plus vigoureuses et les plaça en embuscade; puis il ordonna à sa flotte de se mettre en vue et de gagner le large comme si elle portait toute son armée. Les Lacédémoniens, continuant leur marche sans crainte ni soupçon, furent attaqués en queue par les troupes de l'embuscade, qui les taillèrent en pièces.

43 Des Liburniens, s'étant assis dans la mer sur un bas-fond, et ne montrant que la tête au-dessus de l'eau, trompèrent l'ennemi sur la profondeur de cet endroit, et se rendirent maîtres d'une galère qui, lancée à leur poursuite, s'embarrassa dans le sable.

44 Alcibiade, commandant les Athéniens dans l'Hellespont contre Mindare, général lacédémonien, avait une grande armée et plus de vaisseaux que celui-ci. Après avoir déposé à terre quelques troupes pendant la nuit, et caché une partie de sa flotte derrière des promontoires, il partit lui-même avec un petit nombre de voiles, pour se faire mépriser et attaquer par les ennemis. Aussitôt qu'il les vit à sa poursuite, il se retira jusqu'à ce qu'il les eût amenés dans le piège; puis, lorsque, fuyant à leur tour, ils eurent gagné le rivage, ils furent taillés en pièces par les troupes qu'il avait disposées à cet effet.

45 Le même, étant sur le point de livrer bataille sur mer, dressa quelques mâts sur un promontoire, et donna l'ordre aux soldats qu'il y laissait de déployer les voiles aussitôt qu'ils verraient l'action engagée. Cet artifice eut pour résultat de faire prendre la fuite à l'ennemi, qui pensa qu'une nouvelle flotte arrivait au secours d'Alcibiade.

46 Memnon de Rhodes, ayant une flotte de deux cents vaisseaux, et voulant attirer l'ennemi au combat, ordonna à ses soldats de ne dresser les mâts que d'un petit nombre de navires, qu'il fit avancer les premiers. Les ennemis, jugeant de loin du nombre des vaisseaux par celui des mâts, acceptèrent le combat, et furent enveloppés et vaincus par une flotte plus nombreuse que la leur.

47 Timothée, général athénien, étant près d'en venir aux mains avec les Lacédémoniens, dont la flotte, rangée en bataille[77], s'avançait contre lui, envoya en avant vingt de ses plus légers vaisseaux, pour harceler l'ennemi par toutes sortes de ruses et de manoeuvres; et, aussitôt qu'il s'aperçut que les mouvements de l'ennemi se ralentissaient, il aborda et défit aisément cette flotte déjà fatiguée.

VI. Laisser fuir l'ennemi, de peur que, se voyant enfermé, il ne rétablisse le combat par désespoir.

1 Les Gaulois manquant de barques pour franchir le Tibre, après la bataille gagnée sur eux par Camille, le sénat voulut qu'on leur facilitât le passage, et qu'on leur donnât même des vivres. Plus tard, lorsque des troupes de cette nation s'enfuirent en traversant le Pomptinum, on leur laissa libre un chemin qu'on appelle encore la route des Gaulois.

2 L. Marcius, chevalier romain, à qui l'armée déféra le commandement après la mort des deux Scipions, voyant les Carthaginois, qu'il tenait enfermés, combattre avec plus d'acharnement, pour vendre chèrement leur vie, entrouvrit les rangs de ses cohortes, afin de les laisser échapper; et, quand ils se furent dispersés, il tomba sur eux sans danger pour les siens, et en fit un grand carnage.

3 C. César laissa fuir des Germains qu'il avait enfermés, et; qui se battaient avec le courage du désespoir, puis il les chargea pendant leur retraite.