14 Cassius, ayant des vaisseaux de charge qui ne lui étaient plus d'une grande utilité, y mit le feu, et les dirigea, par un vent favorable, sur la flotte ennemie, qu'il incendia de cette manière.

15 Lorsque M. Livius eut défait Hasdrubal, on lui conseillait de poursuivre et de détruire entièrement les débris de l'armée ennemie: «Laissons — en échapper quelques-uns, répondit-il, pour annoncer notre victoire.»

16 Scipion l'Africain disait souvent qu'il fallait non seulement laisser la retraite libre à l'ennemi, mais encore la lui rendre sûre.

17 Pachès, général athénien, promit aux ennemis de leur laisser la vie sauve, s'ils déposaient le fer; et, quand ils se furent soumis à cette condition, il fit mettre à mort tous ceux qui avaient des agrafes de fer[134] à leurs manteaux.

18 Hasdrubal, étant entré sur le territoire des Numides dans l'intention de les soumettre, et les ayant trouvés prêts à se défendre, leur affirma qu'il était venu dans le seul but de prendre des éléphants, animaux communs dans cette contrée. Ils lui permirent cette chasse, à condition qu'il ne les inquiéterait point; et quand, sur la foi de sa promesse, leur armée se fut dissoute, il les attaqua et les réduisit sous sa domination.

19 Alcétas, général de Lacédémone, voulant enlever aux Thébains un convoi de vivres, tint sa flotte prête, mais cachée, et se mit à exercer ses rameurs tour à tour sur la même galère, comme s'il n'eût pas eu d'autres navires. Quelque temps après, lorsque les vaisseaux des Thébains passèrent, il s'élança sur eux avec, toute sa flotte, et s'empara du convoi.

20 Ptolémée, ayant en tête Perdiccas, dont l'armée était plus forte que la sienne, attacha du sarment à tous ses bestiaux, pour le leur faire traîner, les mit sous la conduite de quelques cavaliers, et les précéda lui-même avec ses troupes. La poussière soulevée par ces animaux ayant fait croire aux ennemis que Ptolémée était suivi d'une armée nombreuse, ils en prirent l'épouvante et se laissèrent vaincre.

21 Myronide, général athénien, sur le point d'en venir aux mains avec les Thébains, qui lui étaient supérieurs en cavalerie, apprit à ses soldats que dans les combats en plaine on peut sauver sa vie si l'on tient ferme, mais qu'il est très dangereux de lâcher pied. Il leur donna par là de la résolution, et remporta la victoire.

22 L. Pinarius commandait la garnison romaine à Henna, en Sicile, lorsque les clefs des portes, dont il s'était emparé, lui furent redemandées par les magistrats de la ville. Comme il les soupçonnait d'être disposés à embrasser le parti des Carthaginois, il demanda une nuit pour réfléchir; et, après avoir instruit ses soldats de la perfide intention des Siciliens, il leur ordonna de se tenir prêts pour le lendemain, et d'être attentifs au signal qu'il leur donnerait. Les magistrats s'étant présentés dès le point du jour, il leur promit de rendre les clefs, si tel était le désir unanime des habitants d'Henna. Aussitôt le peuple entier se réunit au théâtre, demanda à grands cris les clefs, et manifesta ainsi la résolution de quitter le parti des Romains. Alors Pinarius donna aux soldats le signal convenu, et tous les habitants furent massacrés.

23 Iphicrate, général athénien, ayant donné à sa flotte l'apparence de celle des ennemis, se dirigea vers une ville alliée dont la fidélité lui était suspecte. Les démonstrations de joie avec lesquelles il fut accueilli lui ayant dévoilé la perfidie des habitants, il livra la ville au pillage.