M´aimaient-ils?
Non pas à ma mesure. Je l´affirme, me faisant justice comme devant l´échafaud.
Et ils m´ont perdue, parce qu´auparavant je les avais perdus. Tous les deux.
Sur la terre qui est si belle, si belle que même les tombes s´y dressent avec des spirales de lumière, ma plainte s´exhalait sans espoir.
"Aimez-moi. Je vous fais souffrir, je le sais. Comme une chose vécue, une chose passée. Aimez moi, je suis si lasse. Que je vous distingue, que tout ne se confonde pas.
Cette mienne masse de douleur retombe en éclats sur vous, les éclats vous déchirent, je le sais, la masse reste, plus nue..."
Je me relevais. Ce n´était pas vrai, je n´étais pas lasse.
Mais pouvoir étrangler le mal qui me serre la gorge, avant que ne s'enténèbrent les choses!
Nous croyions, n´est-il pas vrai? au bien.
En rêve, la nuit, je parlais à ma mère. Avec feu, mais la tendresse faisait fondre mon coeur. Ah! sa rigidité recueillie !
"Mère, t´es-tu jamais penchée sur un lit, tes joues contre une joue d´enfant ou d´homme, jusqu'à ce que l´enfant ou l´homme fût endormi dans une douce respiration ?"