— Ils ont attaqué les émeutiers, perdu un homme, et été repoussés, répondit-il, précis et laconique.
— Et M. le comte ?
— N’a pas été blessé. Il est retourné à Cahors, pour chercher du monde. Quant à moi, on semblait prendre mes avis en mauvaise part, et je suis venu ici.
Il me parlait comme à son égal, d’une façon brusque et allant droit au fait, et avec l’air d’être et à la fois de n’être pas un gentilhomme. Voyant qu’il m’intriguait, le curé se hâta de le présenter.
— Monsieur le vicomte, vous avez devant vous M. le capitaine Hugues, sorti de l’armée américaine. Il a mis ses services à la disposition du Comité.
— Dans l’intention, poursuivit le capitaine, avant que j’eusse le temps de me reconnaître, d’instruire et commander un corps de volontaires à lever en Quercy, pour maintenir l’ordre. Appelez-les milice ; appelez-les comme vous voudrez.
J’étais passablement démonté. Cet homme, alerte, actif, pratique, dont la poche laissait dépasser la crosse d’un pistolet, était une nouveauté pour moi.
— Vous avez servi Sa Majesté ? dis-je enfin, pour me donner le temps de réfléchir.
— Non pas, répondit-il. Il n’y a pas d’avenir dans cette armée, si l’on ne possède plusieurs quartiers. J’ai servi sous les ordres du général Washington.
— Mais je vous ai vu la nuit dernière avec M. de Saint-Alais ?